vendredi 14 juin 2013

232 - Sermon d'un curé couillu


J'ai assisté un jour lors de la messe du dimanche matin à un sermon incroyable ! Il s'agissait du curé d'une petite ville de province, dans la Sarthe où j'habite. Je vous restitue ici une partie de son sermon que je suis parvenu à me procurer au prix de bien des efforts :

Mes frères,

(...) Au service de mes ouailles, permettez que j'exerce sans les fers de la censure mon ministère, professant ma foi selon des vues saines, affranchies de toute aliénation, plutôt qu'à travers une parole contrainte par des codes dictés par quelque blanc automate, oiseau étriqué haut perché à Rome, et que sur les choses du monde et des âmes je vous éclaire avec une christique hauteur, une nécessaire virilité. Sans faiblesse ni lâche concession. N'ayons pas peur d'entendre ce qu'il faut entendre, ne craignons pas le verbe de Vérité, évitons les détours stylistiques qui édulcoreraient le chrétien discours en voulant préserver les âmes sottement prudes de cette assemblée...

Mes frères et soeurs, mes très chers frères et soeurs, je vous le dis : ne contenez pas votre chair si vous sentez qu'elle s'embrase au point qu'elle vous gâte les sangs. La continence mal acceptée ne fait qu'enrager le coeur de l'homme au lieu de l'apaiser. Troussez, troussez mes frères ! Et vous mes soeurs, levez la cuisse ! Dieu aime les âmes épanouies.

Quant à vous les pauvres vieilles filles que je vois traîner à longueur de temps dans mon église, un chapelet à la main, un crucifix dans le corsage -que l'habitude de l'abstinence à aplati-, un missel dans la poche et une pierre dans le coeur, allez chercher ailleurs de quoi arroser l'ivraie séchée que vous prenez pour un blé mûr ! Allez faire reverdir votre désert intérieur sous l'onde bienfaisante des mâles assauts. Si des jardiniers assez fous daignent encore sonder vos terres arides... Et revenez en ces lieux, adultes, sereines, débarrassées de vos passions ridicules.

Mes frères, mes frères, en vérité je vous le dis, et d'ailleurs qui l'ignorerait, sous ma robe noire je suis semblable à n'importe quel enfant de Dieu. Bistouquette d'ecclésiastique n'est point nécessairement synonyme de mollesse congénitale. Ne faites pas les étonnés. Certaines jouvencelles et dames patronnesses de cette assistance en savent quelque chose. Pourquoi cacher ce qui est vrai, réel, et d'ailleurs déjà de notoriété publique ?

Maintenant que celui qui ose me contredire, qui voudrait me prouver que je suis un digne écouillé sous prétexte que je porte soutane, qu'il vienne me le dire en face. Ne doutez pas un instant mes frères que j'aie les moyens de rabaisser le caquet aux hérétiques de toutes espèces ! Pour mieux contrer les impies, j'ai d'autres arguments que la Bible : gants de boxe, méthode marseillaise et même bastonnade pour les plus récalcitrants de mes détracteurs.
Sur ce mes frères et soeurs, puisque que nul ne conteste ici ma parole, nous allons à présent procéder à la sainte eucharistie, etc... etc... etc... (...)

VOIR LA VIDEO :

http://www.dailymotion.com/video/xwnmqu_sermon-d-un-cure-couillu-raphael-zacharie-de-izarra_news#.UO87Z2_Rvns

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Qui est Raphaël Zacharie de IZARRA ?

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Oisif mélancolique, oiseau unique, ange joliment plumé, ainsi se présente l’auteur de ces lignes (une sorte de Peter Pan cruel et joyeux, mais parfois aussi un rat taciturne). Au-delà de cette façade mondaine, loin de certaines noirceurs facétieuses j’ai gardé en moi une part de très grande pureté. Dans mon coeur, un diamant indestructible d’un éclat indescriptible. Cet éclat transcendant, vous en aurez un aperçu à travers mes modestes oeuvres. Est-ce une grâce de me lire, pensez-vous? Osons le croire.